La mort n’est pas un thème très réjouissant. Le texte qui suit, écrit par un pèlerin d’Arès, s’efforce d’apporter un éclairage à propos du débat qui a eu et qui aura encore lieu sur l’euthanasie. Ce texte pourra peut être pour le lecteur qui n’est pas familier de la Révélation d’Arès (1) paraitre obscur. Le style du blog est fait pour la brièveté du langage mais pour parler de la mort, il faudrait beaucoup plus de lignes que le court article qui suit qui est déja long.
Et puis il y a notre ignorance concernant le qui et comment des fins dernières même si nous savons que la résurrection est une promesse faite à tous les prophètes. Rappelons aussi qu’un jour lointain la mort sera vaincu si l’homme se recréé spirituellement. C’est pour cela aussi que la Révélation d’Arès demande en certaines circonstances de rappeler dans la liesse les promesses et les fins (33/36).
Le suicide récent de Chantal Sébire qui souffrait horriblement d'une déformation du visage due à une tumeur incurable après le refus de son euthanasie légale relance le débat sur la question. Loi ou pas, le problème essentiel est ailleurs : Nul ne devrait choisir de mourir sans être averti du risque de trépasser sans âme. Eh oui ! Dans les gares de triage de l'existence, une mort peut en cacher une autre. La mort physique est moins grave que la mort spirituelle. Et la mort physique choisie soulève avec plus d'acuité que la mort physique dite "naturelle" la question de la vie choisie.
Quelle traînée de bruit laisse la rumeur médiatique après être passée sur le cadavre de Chantal Sébire ? Celle d'un souci moderne : l'euthanasie. Euthanasie
Mot étrange, paradoxal parce que sa consonance en
français oppose une sorte de démenti au sens. Euthanasie veut dire "mort douce" mais associe bizarrement le signifiant "nazi" à l'idée de tuer légalement. Le mot n'est pas le meilleur
publicitaire de sa cause. Se pourrait-il même qu'il y ait là une des raisons inconscientes de la réticence française à suivre l'exemple plus libéral de ses voisins européens ? La réserve
française tient plus sûrement à son marquage historique par le catholicisme. Donner la mort, légalement ou non, reste un meurtre. Dans quels embarras s'embarque une société où "la main qui
soigne" peut devenir "la main qui tue" ? Tu ne tueras pas
En fait, le grand absent de ce qu'il est convenu d'appeler le débat sur l'euthanasie, c'est la mort elle-même. La mort dans sa dimension métaphysique et spirituelle. Comment décider si on peut ou non se (faire) donner la mort si l'on ne sait ni ce qui nous attend "de l'autre côté" ni le sens qu'elle peut prendre dans la course folle de l'humanité, dans l'histoire ? L'occultation de la mort dans les sociétés occidentales résulte de la déspiritualisation générale, croyants religieux compris. Faute de connaissance assurée dans ce domaine, la mort est taxée de processus naturel. Normale donc. Mais le discours officiel a beau vouloir en banaliser l'idée, le coeur de l'homme - y compris du croyant - défaille (toujours) devant la mort (33/36). Son menton tremble (XXII/15). Cette terreur irrépressible et irraisonnée est un signe existentiel que l'immense majorité ne veut pas voir. Alors, on rechigne à en parler ou bien on forge des discours rassurants : la mort est une libération, une "nouvelle naissance", un "soleil", un repos éternel, le néant, l'enfer n'est qu'un mythe, que sais-je encore ? Bref, l'homme déspiritualisé est incapable d'envisager la mort dans son acception existentielle. Là où il devrait voir le tribut (2/1) de ses choix, une anomalie, il ne voit plus que chair souffrante dans les derniers moments de l'existence terrestre. Sans négliger la douleur et la dégénérescence, il faudrait aussi oser poser la question de l'âme. Dans les gares de triage de l'existence, une mort peut en cacher une autre. L'essentiel de l'homme est beaucoup moins dans la mort physique que dans la mort spirituelle.
Révélation capitale dans la révélation. La mort spirituelle est bien plus grave que la mort physique. Et le monde est devenu un vrai cimetière spirituel. L'homme sans vie spirituelle est plus mort (que) la mort (XL/11) dit le Livre. En ne s'engageant pas vers le Bien, consciemment ou non, non seulement il n'a pas contribué, voire s'est opposé à la grande oeuvre historique de libération du péché, mais il s'est réduit à l'état de spectre lamentable, venant pleurer sur ses os blanchis, sur sa chair évanouie (16/16), voué à errer dans les abîmes glacés de l'au-delà. Allons bon ! Voilà que vous nous faîtes le coup de l'enfer, maintenant! version angelure, cuisson par le froid ?! Mais puisque c'est comme ça ? Aux objections de ce genre, tu répondras : "Dieu est bon au bout de la pénitence!" (). N'y voyez aucun chantage à la peur. D'ailleurs le jugement dans ce domaine ne nous appartient pas, relève du fond des coeurs. Qui peut savoir qui est sauvé ? (11/3). Sauve! Ne juge pas ! () martèle la révélation d'Arès. Mais ce non-jugement ne nous exonère pas de prévenir. Crie partout! cette vie est courte, le bonheur ne se mesure pas en années mais en éternité (36/23).
Le spectre, comme les abîmes, comme l'au-delà ne sont pas des punitions du Ciel mais des créations de l'homme. La mort n'est pas naturelle, une idée reçue, ce sont les prêtres de la science qui prétendent ça. Quel Père aurait voulu "par amour" la mort de ses enfants ? La mort est une anomalie, une conséquence du péché, péché qui n'est pas une notion morale, légaliste, mais ce qui tue la vie spirituelle. L'homme n'est que ce qu'il se fait dit en substance une sourate du Coran. Justice absolue. Nous sommes ce que nous avons choisis d'être, y compris dans la continuation de nous-mêmes post mortem. Le problème c'est que nous ne le savons plus. Nos mentalités sont prisonnières de notre propre conditionnement culturel, un piège. Des strates millénaires d'épaisseur considérable, accumulées sous le piétinement des batailles, sous les pas des caravanes des marchands, sous les reins des prostituées, sous le Vent de la Colère de Dieu (24/4) nous séparent du Fond, de la conscience absolue de ce que nous sommes. Nous sommes faits pour la chair mais la chair spiritualisée, corps, âme et esprit réunis et transfigurés. D'où il résulte que même le pénitent qui meurt avec une âme n'est pas complet, devra attendre le Jour pour rassembler les atomes de son corps (33/29) dont aucun, pas même la plus infime esquille (), ne sera oublié par la Puissance du Père. Jour qui n'est pas fixé à l'avance parce qu'il ne viendra que par la restauration du Bien sur cette terre, même partielle, une oeuvre prodigieuse qui dépend d'abord de nous, les hommes. Mais pour le défunt qui a contribué à cet avènement, l'âme offre les organes spirituels (4/6) qui lui permettent de poursuivre son ascension de l'autre côté.
Après ce grand détour par le tombeau, revenons à l'euthanasie. Le débat tourne surtout autour de "comment ne pas souffrir inutilement ?" Aucune rédemption n'étant à attendre de la souffrance, il est inutile de prolonger indéfiniment une personne qui n'est plus à même d'assumer consciemment la construction d'elle-même. Contrairement aux assertions religieuses, la sauvegarde de la vie biologique n'a rien de sacré, celle du mourant réduit à l'état végétatif pas plus que celle du foetus, encore que dans ce dernier cas, il y ait une promesse de vie spirituelle tandis que dans l'autre, les dés sont jetés. Ce qui doit être préservé en priorité c'est la vie spirituelle, l'âme donc. Au fond, la mort choisie soulève avec acuité la question de la vie choisie. Mais chaque cas est particulier.
Ainsi Chantal Sébire, qui souffrait le martyre par les déformations de son visage, avait conservé toute sa tête et pouvait encore agir librement et témoigner. Qu'elle ait manifesté un certain courage en voulant faire de son cas un acte politique en faveur de l'euthanasie active ne la sauve pas malgré elle (13/3). Nul ne peut savoir ce qu'il en est pour elle (cf. supra 11/3) mais, prévenue de l'importance de l'âme avant de quitter ce monde, peut-être aurait-elle mis en avant d'autres priorités? Se battre pour obtenir de l'Etat l'autorisation de mourir, certains en parlent comme de la "dernière liberté"*. Mais qu'ont-ils besoin de la bénédiction étatique ? Dans ce domaine, le suicide reste toujours un libre recours, auquel Chantal Sébire n'a d'ailleurs pas manqué de faire appel après le rejet de sa demande. Bien sûr, les choses ne sont pas si simples pour celui qui ne peut même plus se donner la mort comme le jeune paraplégique Vincent Humbert qui avait écrit en son temps une lettre touchante au président de la république. Pour de tels cas, il faudrait au moins dépénaliser l'euthanasie active. Ce qui nous amène à la question de la loi.
L'autopsie effectuée sur Chantal Sébire morte n'a aucun sens sur le plan existentiel, elle n'est que la
manifestation d'un système vexé qui voudrait par la fouille honteuse du cadavre faire semblant d'avoir une emprise sur l'au-delà. C'est l'intérêt de ce débat sur l'euthanasie que de nous faire
réfléchir sur l'insignifiance du système face à la mort et, du même coup, de relativiser son rôle sur la vie.
Si nous devons être tout puissants sur notre mort, que ne le sommes-nous d'abord sur notre vie ? Ceux qui revendiquent de pouvoir "mourir dans la dignité"
pressentent sans doute quelque chose de cet ordre. On nous aura volé nos vies, que nos morts nous appartiennent au moins! Cette notion de "dignité", peu explicite car fort relative, ne
concentre-t-elle pas l'aveu implicite que l'homme est autre chose qu'un simple assemblage de cellules ? Que chacun est responsable de sa mort comme il l'est de sa vie et que ce n'est pas au
système, à l'instar des autorités religieuses d'autrefois, de définir "le bien mourir". Pas plus d'ailleurs que le bien vivre. Mais qu'au moins chacun choisisse de franchir
(36/23)
car,Oui, tous devraient savoir qu'ils peuvent s'engendrer en une autre vie infinie (17/03). Sans cette connaissance, tout débat aux limites de l'existence humaine, celui sur l'euthanasie comme tant d'autres, reste enfermé dans le bruit lourd de la chair (XXXIX/2).
Nicodème.
(1) Pour une présentation générale de la Révélation d'Arès: http://michelpotay.info/Revelation_Ares_bienvenue.html
ajouter un commentaire commentaires (0) créer un trackback recommander
Le frère est parleur (Révélation d'Arès XLIX,5)

une bonne occasion

Et dans quelle(s) mesure(s) ? En années ou en éternité (1) ?
mmun. C'est ce que semble vouloir réaliser ce nouveau gouvernement Fillon. Christine Boutin aux cotés de Fadela Amara pour se pencher sur les problématiques de la ville. Etonnant de voir une personnalité qui jusqu'à peu représentait plutot une sorte de « vieille France » pronant les valeurs qu'on croyait éculées. Madame Boutin s'allie donc à une militante de gauche très sensibilisée par les problèmes des banlieues et fer de lance du mouvement « Ni putes ni soumises ». Même si je ne crois pas que fondamentalement la politique, depuis trop longtemps empétrée dans l'esprit de système puisse parveni
r à faire changer en profondeur les mentalités, on ne peut qu'être enthousiaste à l'idée que cette expérience accouche de quelque chose de positif dans notre pays. On décrivait Nicolas Sarkozy comm
e de la graine de facho et pourtant il réalise ce que la gauche ne fit pas, trop imprégné d'idéologie. Il y a aussi Christine Lagarde au ministère de l'économie femme d'expérience dans les affaires, le droit et la connaissance du monde anglo saxon. Voilà encore une personnalité qui contraste avec la j
eune métisse Rama Yade, secrétaire d'Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et européennes. Rachida Dati à la justice, le fait que toutes ces personnes se rassemblent c'est aussi un symbole que quelque chose a évolué dans notre pays.
J’ai pleuré à la fin.
A voir et à entendre le debat télévisé entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy et les dernières déclarations de Ségolène Royal, je me dis que mon intuition après le premier tour était au fond juste. Madame Royal fut non seulement agressive et hautaine - elle n'a dans ce domaine pas grand chose à envier à la réputation de Nicolas Sarkozy - mais lors de ce débat elle fut aussi très approximative avec son programme irréaliste. Nous devons aider les plus faibles tout en sachant que l'assistanat ne marche pas. Les 3 décennies passées l'ont prouvées. La générosité sans conscience, sans incitation à l'effort est une démarche vaine. La nécessité qui se fait jour n'est elle pas plutôt celle d'une reprise en main de son existence sur tout l'espace social par chacun et hors du carcan politique ?
Au lendemain du premier tour des élections présidentielles, j'avais publié un commentaire sur le précédent texte intitulé « Un mot avant le premier tour ». Ce commentaire resta en ligne 5 jours. Il disait qu'il fallait savoir trancher et, concernant le choix pour le second tour qu'il valait mieux voter pour Nicolas Sarkozy car ce serait un moindre mal. Grossière erreur d'appréciation. Personne dans la trentaine d'internautes qui passèrent en moyenne chaque jour sur ce blog ne me fit de remarques. (C'est le moteur d'over blog qui enregistre le nombre de connections sur ses sites). Exepté un de mes frères qui me téléphona embarrassé de me dire que voter pour Ségolène Royal serait pour lui quasi impossible mais voter Sarkozy il ne s'y résoudrait pas davantage. Et puis je découvris par l'intermédiare d'une de mes soeurs de foi, l'article « Le vrai Sarkozy » publié dans Marianne (1) et co signés par Jean-F. Khan, avec Serge Maury, Philippe Cohen, Laurence Dequay et d'autres auteurs. Un portrait inquiétant de Nicolas Sarkozy qui à l'évidence ferait si cette description répond à la réalité des faits rapportés, un chef d'état à l'avenir très incertain pour un pays comme la France. Je connaissais certains aspects de sa personnalité mais je n'avais pas estimé les choses à un tel niveau. La fiabilité de l'article de Marianne même si celui ci n'est surement pas totalement objectif se confirmant par d'autres voix et prises de paroles et réactions de la part de l'ancien chef de l'UMP. Je pensais que le réalisme économique de Nicolas Sarkozy valait beaucoup mieux que les dangers de l'assistanat, de l'étatisme que les socialistes ne manqueraient pas de nous faire encore subir, comme les lois sur les 35 h ou encore le refus de remettre en question les régimes de retraites. Puis il y eut le débat entre Ségolène Royal et François Bayrou diffusé sur BFM TV (2). Visionné le lendemain, on y voyait deux personnalités très à l'écoute l'une de l'autre et dialoguant dans un grand souci de s'expliquer clairement tout en se remettant en question et appréciant mutuellement le débat.